Céline Pina ou le socialisme de coeur

Après quelques jours plus spécifiquement destineés à répondre à la polémique née des déclarations de F.Delattre, reprenons nos présentation : aujourdh’ui Céline Pina.

Je suis née en 1970 et j’ai passé toute ma jeunesse dans des villes qui ne vivaient encore que de l’activité minière et qui souffraient déjà de son inexorable déclin.

Ces villes avaient une vraie identité politique, construite autour de la vie des mineurs. Là bas, conscience politique, combats sociaux, engagement syndical, cela signifiait quelque chose de très concret. Chacun de ceux qui travaillaient à la mine portait en lui une histoire à la fois douloureuse et courageuse, car chaque amélioration de leur condition avait été conquise de haute lutte par ceux qui les avaient précédés.

L’éveil de ma conscience politique, je le dois à cet environnement où le souvenir des injustices sociales se mêlait à la fierté d’avoir eu la force de se battre pour changer les choses.

De mes parents, fils d’immigrés espagnols, j’ai appris mon rapport au temps. Cette certitude que seule l’action peut changer la donne, mais qu’il ne faut pas forcément en attendre un retour immédiat. Pour eux, dans la vie il fallait se battre. Et si cela ne servait pas pour nous, cela finirait par porter ses fruits pour nos enfants, les enfants de nos enfants… D’eux aussi j’ai acquis ma conviction que seule l’éducation peut permettre de dépasser les inégalités de naissance pour donner à chacun l’opportunité de se construire un destin. Nés à la fin de la guerre, ils font partie de cette génération pour qui l’ascenseur social fonctionnait encore.

En 1981, lors de l’élection de Mitterrand, je n’avais pas encore 11 ans, mais je me souviens de l’image de son visage s’inscrivant sur l’écran et de la liesse populaire à la Bastille. De ce souvenir, j’ai gardé le regret de n’avoir pas connu et partagé ces moments d’allégresse. Je me souviens de l’espoir fou que cette victoire avait fait naître et des déceptions qu’elle ne pouvait que susciter tant on attendait d’elle. De cela, j’ai appris la force des rêves en politique comme l’ampleur des déceptions qu’un rêve qui se réalise peut susciter.

Je me suis véritablement engagé en politique durant mes études à Sciences po, d’abord via le syndicalisme étudiant à Grenoble, puis à Paris lorsque je préparais l’ENA. J’ai milité au MJS puis au PS. Là j’ai eu la chance de faire la rencontre de Jean Poperen. Ce grand homme politique avait réussi à faire la synthèse entre culture ouvrière et monde intellectuel. Il a donné à tous ceux qui l’ont côtoyé le goût de l’effort intellectuel et de l’action politique. C’était aussi l’époque des amitiés forgées dans l’engagement, fêtes, discussions enflammées et actions politiques étaient étroitement mêlées. De bons souvenirs mais guère d’acharnement aux études. Résultat : j’ai raté l’ENA, et pas de justesse.

J’ai ensuite travaillé dans les collectivités locales, soit en cabinet, soit dans l’administration, notamment dans la politique de la ville. Suite à une formation de journalisme, j’ai également travaillé comme pigiste et comme attachée de presse avant de devenir attachée parlementaire de Raymonde Le Texier, sénatrice du Val d’Oise. Avec elle, courage politique et sincérité des convictions ne sont pas de vains mots mais résument un parcours engagée et militant. Travailler à ses côtés m’apprend énormément.

J’ai mené de nombreuses campagnes entant que responsable de communication ou directrice de campagne ou simple militante. J’ai notamment participé activement à la campagne de Dominique Strauss-Kahn pour la Présidentielle et le Législatives. En 2008, je me suis engagée aux côtés de Gilbert Marsac pour reprendre la ville de Jouy-le-Moutier que la droite détenait depuis 30 ans. Au terme d’une campagne de porte à porte acharnée, Gilbert a été élu et je suis aujourd’hui adjointe. Un mandat passionnant tant il est en prise avec la réalité et le quotidien des habitants. J’ai également été candidate en position non éligible lors des dernières européennes. Scrutin difficile dans une Europe en quête de légitimité démocratique et de projet politique partagé.

Je suis aujourd’hui candidate aux Régionales pour les mêmes raisons qui m’ont fait adhérer au Parti Socialiste il y a 15 ans : la conviction que la justice sociale ne progressera pas sans action politique. Et je sais que même si l’on peut commettre des erreurs, les progrès sociaux auxquels nous sommes attachés : retraite, assurance maladie, congés payés, droit du travail, parité… ont tous puisé leur source à gauche et notamment chez les socialistes. Nous sommes tous héritiers de cette histoire, à nous de lui donner un avenir.

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